Contre la précarité étudiante : s’unir et lutter pour gagner !

On le répète souvent, la précarité ne cesse de croitre en Belgique et touche de plus en plus les classes populaires. Cette précarité frappe également un nombre toujours plus important d’étudiants défavorisés. A l’occasion de la Journée Internationale des étudiants ce 17 novembre 2017, il nous semble important de nous arrêter sur la réalité de cette précarité et la manière dont les Jeunes FGTB tentent d’endiguer le phénomène via le travail quotidien de notre section étudiante, l’Union Syndicale Étudiante.

Une précarité étudiante galopante

De plus en plus d’étudiants doivent faire appel au CPAS et travailler afin de poursuivre leurs études. Ainsi, en 2016, le nombre d’étudiants qui dépendent du revenu d’intégration social (RIS) du CPAS s’élevait à 27.000. A titre de comparaison, ce chiffre était de 3.654 en 2002. Cela signifie donc qu’en 14 ans, il a été multiplié par 7,4… Mais souvent, ces mêmes CPAS conditionnent l’obtention d’une aide à l’obligation pour les étudiants de travailler et à réussir leurs études !

En 2016, 502.297 étudiants ont eu recours aux jobs étudiants en Belgique, c’est 5% de plus qu’en 2015 et 13,7% de plus qu’en 2012. Avec l’augmentation du coût de la vie et des études (entre 8.000 et 10.000 par an), la faiblesse et la rareté des aides accordées aux étudiants, mais aussi l’appauvrissement des familles, il est évident que la situation ne va pas en s’améliorant.

Le job étudiant est pourtant un facteur important d’échec scolaire. En première année du supérieur, il est d’environ 60 %. Le salariat n’est pas étranger à cette situation. En effet, les étudiants issus des familles aux revenus modestes, qui ont donc logiquement recours au job étudiant, ont un taux d’échec de près de 70 % contre 45 % chez les étudiants des milieux favorisés.

L’Union Syndicale Etudiante, section étudiante des Jeunes FGTB

DSCF9260Conscients de cette tendance lourde à la précarité étudiante, les Jeunes FGTB ont entrepris depuis plusieurs années un important travail d’organisation et de structuration syndicale dans l’enseignement supérieur via l’Union Syndicale Etudiante. L’USE est la section étudiante des Jeunes FGTB. En tant que syndicat étudiant, l’USE lutte pour un enseignement qui permet l’accès et la réussite pour tous. L’USE se bat ainsi contre la précarité, la sélection sociale et la logique marchande dans l’enseignement.

Parallèlement, dans chaque région de Belgique francophone, les Jeunes FGTB informent, conseillent et défendent les étudiants jobistes. Ce travail de première ligne de nos animateurs aux côtés des étudiants qui travaillent est d’autant plus important qu’à l’heure actuelle, la seule réponse du Gouvernement à la précarité est de pousser toujours plus les jeunes, en particulier les étudiants, à recourir à des emplois pénibles ou à prendre des risques énormes en se lançant comme indépendants par exemple. Un syndicat pour les jeunes est donc une nécessité dans un contexte où les patrons ont tendance à abuser de leur position. Il est donc indispensable pour les jobistes de connaitre leurs droits pour pouvoir se défendre (cfr. les différentes brochures éditées par les Jeunes FGTB).

Contre la double peine pour les étudiants jobistes

dispenses-assiduiteAlors que le travail étudiant est de moins en moins un choix, les établissements d’enseignement supérieur continuent pourtant à pénaliser les étudiants qui ne peuvent pas se rendre à leurs cours et à leurs examens à cause d’horaires de travail incompatibles. Même si nous considérons qu’un étudiant n’a pas à travailler pour financer ses études, il est cependant indispensable de répondre à cette inégalité de fait. C’est pourquoi l’USE-Jeunes FGTB exige des dispenses d’assiduité aux cours pour les étudiants jobistes. Ainsi sur simple présentation d’un contrat de travail, l’étudiant pourrait justifier son absence à un cours obligatoire pour cause de travail sans être pénalisé.

Parallèlement, il est indispensable de revendiquer un rehaussement conséquent des allocations d’études et de ses barèmes, ainsi que d’autres systèmes d’aide pour que les étudiants n’aient pas à recourir obligatoirement à un job pour régler les problèmes financiers dus au coût de leurs études.

Une politique de bourses inégalitaire

DSCF9007Lorsqu’à la rentrée 2016, le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, modifie les conditions d’accès aux bourses étudiantes, l’USE lance une campagne de dénonciation et informe sur les campus les étudiants concernés.

En effet, suite à la disparition du concept d’année d’étude, il n’est plus nécessaire pour les étudiants de réussir pour conserver leurs bourses. Par contre, plusieurs autres conditions furent introduites : la fixation de seuils minimaux de revenus, la globalisation des revenus du ménage de l’étudiant, la non-prise en compte des situations familiales particulières, …

Or, ces changements surviennent dans un contexte où les étudiants sont confrontés à de nombreuses dépenses dans leur vie quotidienne : logement, nourriture, loisirs, transports et matériel d’études. Pour que chaque jeune puisse réaliser des études et s’y consacrer pleinement, des conditions de vie décentes sont donc nécessaire. Cela passe inexorablement par la possibilité de faire face à ces dépenses. Il était donc impensable d’accepter de nouveaux critères risquant d’accentuer les inégalités déjà largement présentes dans l’accès à l’enseignement supérieur.

Ta mère a fait l’unif ?

14344328_1165338966857172_5046408814588731466_nEn Belgique, l’accès, la réussite, la situation à l’université sont encore déterminés par l’origine sociale, culturelle et le genre des étudiants. Les statistiques montrent ainsi un fort rapport entre le niveau de diplôme de la mère et la réussite de l’étudiant.

L’enseignement supérieur est très inégalitaire, pire il a tendance à reproduire les inégalités sociales. Ainsi seulement 20% des étudiants sont issus de milieu modeste. L’université reste donc réservée à une élite. Même une fois les portes de l’université franchies, ces inégalités se perpétuent. Ainsi, le taux de réussite varie fortement en fonction du milieu social d’origine et du niveau de diplôme de la mère. Pour preuve, les étudiants dont la mère a un diplôme universitaire ont environ trois fois plus de chance de réussir que ceux dont la mère n’a pas dépassé le primaire.

Par ailleurs, depuis 2001, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à entamer des études universitaires. Pourtant, les femmes restent minoritaires au sein du personnel académique et dans les postes à responsabilité. Ainsi, plus on monte dans la hiérarchie, moins il y a de femmes (54% de femmes chez les étudiants, 44% chez les chercheurs, 18% chez les professeurs ordinaires et 25% dans les conseils d’administration). C’est ce qu’on appelle le plafond de verre au-delà duquel les femmes ne parviennent pas à monter.

S’unir – Lutter – Gagner

Les Jeunes FGTB et notre syndicat étudiant se battent donc depuis de nombreuses années pour que la précarité étudiante et les inégalités dans l’enseignement ne deviennent pas une fatalité et ainsi aboutir à un enseignement démocratisé. Au quotidien, cela passe par sortir les étudiants de l’isolement individuel en proposant des moyens d’agir collectivement et une organisation solidaire qui fait partie intégrante d’une organisation de travailleurs, la FGTB. Pour soutenir ce combat, chacun peut devenir membre librement en se syndiquant à l’USE-Jeunes FGTB. Etre syndiqué est avant tout un acte solidaire, qui permet de se tenir informé des droits, de l’actualité sociale étudiante et d’être défendu en cas de problème. Mais il est possible d’aller plus loin et de devenir syndicaliste, et ainsi voter pour des délégués, de devenir soi-même délégué, de voter les orientations et de participer aux actions collectives décidées entre syndicalistes…

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