8 mars : soutenons la grève des femmes !

A l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes le 8 mars prochain, le « collecti.e.f 8 maars » appelle à la première grève des femmes en Belgique. L’initiative s’inspire de la grève générale féministe qui avait mobilisé six millions de grévistes l’an dernier en Espagne contre les discriminations sexistes dans le monde du travail, les violences faites aux femmes et les inégalités de genre.

En Belgique aussi les raisons de se mobiliser contre le système patriarcal sont nombreuses. Le « Collecti.e.f  8 maars » appelle donc à faire grève du travail rémunéré, des soins, des études et de la consommation pour revendiquer les droits des femmes qui « sont largement mis mal dans tous les domaines et démontrer que quand les femmes s’arrêtent le monde s’arrête » !

Au-delà de la grève du travail salarié, les femmes sont donc invitées à travers des actions individuelles ou collectives à ne pas aller en cours, à ne pas consommer, à ne pas accomplir le travail domestique quotidien. Une manière de montrer que les inégalités de genre touchent toutes les femmes et ce dans tous les domaines de la vie.

En effet, comme le rappelait la FGTB wallonne lors de son dernier Congrès, les femmes sont victimes d’un double rapport de domination. Aux rapports de domination créés par le modèle patriarcal s’ajoutent ceux induits par le système capitaliste.

En moyenne, les femmes consacrent deux fois plus de temps aux tâches domestiques que les hommes. Ceci constitue un frein lorsqu’il s’agit d’avoir accès à un emploi à temps plein, d’envisager une évolution dans la carrière, de s’engager dans la société civile ou dans une organisation syndicale. Cette répartition inégale des tâches domestiques est source d’inégalités au travail et dans la société. Elle résulte d’une vision patriarcale du rôle des femmes.

Le système capitaliste aussi, toujours dans sa logique de rentabilité et de mise en concurrence des travailleurs, induit de fortes inégalités de genre, en particulier dans l’accès à l’emploi et la rétribution des femmes (salaire direct et indirect). Aujourd’hui, en Belgique, la moitié des travailleurs – en l’occurrence les femmes – ne sont pas payés à leur juste valeur : l’écart salarial entre hommes et femmes est toujours de 20% sur base mensuelle ou annuelle. Ceci s’explique par plusieurs facteurs : discrimination à l’embauche, conditions d’emploi et de carrière inférieures à celles des hommes, surreprésentation des femmes dans les secteurs dévalorisés et moins bien payés, plafond de verre, revenus de remplacement inférieurs en raison de la situation familiale… A cela s’ajoute le fait que les femmes sont plus susceptibles d’avoir une carrière incomplète (temps partiel, interruption de carrière…). En 2015, 41,6 % des femmes salariées dans le secteur privé travaillaient à temps partiel contre seulement 10 % des hommes. Une rémunération moins élevée pour les femmes et des carrières incomplètes conduisent inévitablement à des droits sociaux inférieurs et donc à une pension moins élevée. Sans tenir compte des régimes de pension extralégaux, l’écart des pensions entre les femmes et les hommes en Belgique atteint pas moins de 26%.

tempspartiels

Dans l’enseignement aussi les femmes sont victimes des inégalités de genre. Depuis 2001, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à entamer des études universitaires. Pourtant, les femmes restent minoritaires au sein du personnel académique et dans les postes à responsabilité. Ainsi, plus on monte dans la hiérarchie, moins il y a de femmes (54% de femmes chez les étudiants, 44% chez les chercheurs, 18% chez les professeurs ordinaires et 25% dans les conseils d’administration). C’est ce qu’on appelle le plafond de verre au-delà duquel les femmes ne parviennent pas à monter.

Ces quelques exemples prouvent que l’égalité entre hommes et femmes est bien loin d’être atteinte en Belgique, que du contraire ! Le combat féministe est donc plus que jamais d’actualité. A l’image du combat historique des femmes de la FN Herstal en 1966, la fin des discriminations liées au genre s’obtiendra par la lutte collective et quoi de mieux que la grève pour obtenir l’égalité réelle ?!

Les Jeunes FGTB soutiennent donc l’appel à la grève des femmes le 8 mars prochain et invitent l’ensemble de ses affilié-e-s à rejoindre la grève (si elles ou ils le peuvent), à renforcer la mobilisation par la mise en place d’initiatives concrètes (comme le font nos camarades de l’Union syndicale Etudiante[1] par exemple) ou à marquer leur soutien au mouvement[2].

Plusieurs Centrales de la FGTB ont déposé un préavis de grève pour le 8 mars ; la Centrale Générale, la CGSP enseignement, la CGSP Admi, la CGSP Bruxelles et la MWB FGTB. Nous invitons les jobistes à prendre contact avec le Permanent syndical du secteur dans lequel elles sont occupées pour voir si elles sont couvertes en cas de grève.

Détails pratiques pour le 8 mars

  • De 09h à 17h/Bruxelles : rassemblement au Carrefour de l’Europe (Gare centrale de Bruxelles).
  • De 9h à 14h/Wallonie : Etats Généraux féministes, FGTB Place st Paul à Liège
  • 14h/Wallonie: Queer blok dans la cycloparade – Gare des Guillemins à Liège
  • À 17h/Bruxelles : marche mondiale des femmes depuis la Gare centrale de Bruxelles).
  • 17h/Mons: Rassemblement – Grand place de Mons

[1] https://use.be/luse-indemnisera-les-grevistes-le-8-mars/

[2] Plus d’info sur ce qu’il est possible de faire : Pour plus d’infos à ce sujet : https://8maars.files.wordpress.com/2019/02/a4-droit_grecc80ve-fr.pdf

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